JOHANE ALEXIE SE CONFIE

 

LES ANTILLES A LA ROCHELLE

 

Printemps créole sur la Rochelle où le salon Couleurs Antilles a brillé de mille feu le week-end du 14 mars 1998. Réussite complète pour les organisateurs Nadia et Philippe, les cinquante exposants (Dom Magazine, Amina, Voix Kréol, JV, Les punch Antan Lontan, Saint James, Again, Menaibuc, L'UCAG...) et les dix sept mille visiteurs.

Victor Cerson de la Cabane des îles de Paris, régale les convives au restaurant, Euro Leader Casting, fait défiler ses manequins en tenue légère et la partie musicale qui programmait la prometteuse Johane Alexie du groupe Vwel originaire de la Guadeloupe.

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Pour une chanteuses en devenir....

Johane Alexie 

 

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MAI 1998

INTENS'

"Fou de toi"

(Debs Music)

 

Ce qui est agréable dans cet album de zouk, c'est qu'il possède une certaine variété rythmique. Ce trio composé de trois guadeloupéens dont Johane Alexie, et est dirigé par Gaêtano Pochot, Producteur, auteur, compositeur et arrangeur, et dont il en est ici à son troisième disque. 

 

Si le zouk love demeure le choix de fond, d'autres motifs font leur apparition agrémentés de belles harmonies et l'accent mélodieux de la voix de Johane.

 

Avec des textes en créole et en français, ce laser sort quelque peu de l'ordinaire de production standardisé, grâce aussi aux balancements proposés par un tempo loin de certaines scansions trop rigide et faisant dans un style américain . 

 

Avec INTENS'........on danse cool !!.

 

 

 

"Née de parents mixtes, je possède deux cultures; l'une, plus européanisée me concède l'organisation, la rigueur, l'exactitude, l'autre m'offre l'amour de la musique, de mon pays, de ma langue qu'est le créole, la connaissance de mes origines et le respect de l'histoire de mes ancêtres. J'ai appris à accepter le fait d'être métisse, mais cela n'a pas toujours été le cas.

 Plus jeune, je souffrais de cette différence et pensais, qu'être de couleur était une infériorité par rapport à un entourage dont la cruauté des actes et des paroles me blessaient un peu plus chaque jour. Il m'a fallu du temps pour comprendre et réaliser que cette différence est une force et non une faiblesse.

Aujourd'hui, même si je suis née en métropole, je me considère comme antillaise à part entière. Je me sens Black dans mon cœur et dans mon âme et j'en suis très fière.

De nos jours heureusement, les mentalités ont énormément changées et l'exotisme est au goût du jour.

Il reste des préjugés difficile à enrayer. Être une femme aujourd'hui, constitue un défi à relever tous les jours pour faire accepter nos valeurs et nos idées mais être une femme noire c'est plus qu'un défi... c'est un combat.

Dans le domaine du travail (et je l'ai appris à mes dépends), défendre ses idées n'est pas choses facile. La femme noire , comme la femme en général, lutte tous les jours pour faire valoir ses idées.

Son ascension est le fruit d'un acharnement à faire savoir que ses valeurs, son intelligence et sa culture générale sont aussi exploitable que celle des hommes.

Aujourd'hui, les femmes ont des choses à dire.... et dans tous les domaines !!

Moi, qui suis dans le milieu musical depuis bientôt dix ans, je constate la progression de la femme et sa capacité à se donner entièrement à un métier plus qu'à un art.

Je vis également ce qu'elles subissent. le problème, c'est qu'il faut se battre deux fois plus qu'un homme et ne surtout pas tomber dans le vice et la perversité sous prétexte que les hommes nous le demande.

Cela serait quelque part une preuve de notre faiblesse à ne pas savoir prouver par notre seule volonté et notre talent ce dont on est capable de faire. 

Cependant, de plus en plus de femmes ont énormément de talents, et arrivent à faire reconnaître ce qu'elles créent et à délivrer des messages.

Ces messages ne portent pas uniquement sur l'amour. Ils transmettent par le biais de paroles recherchées et de musique mise au goût du jour - et dont le fondement repose sur nos traditions - des valeurs culturelles telles que l'histoire de nos ancêtre, le parlé de notre langue et le maintien de notre fierté.

 A nous de nous battre pour faire valoir nos idées et tout ce que nous avons vécu.

Le 150ème anniversaire de l'Abolition de l'Esclavage dont nous avons tous parlés aussi bien à travers les médias que dans nos propres familles, est une victoire.

Il montre de façon claire que nous n'avons pas oublié et que nous n'oublierons certainement jamais.

 Cependant, ce qui est le plus formidable, c'est que notre histoire est transmise de génération en génération et je suis certaine que le temps n'aura jamais de prise sur nos mémoires.

 Ce que nous transmettons est tout aussi important que ce que nous sommes. En tant que Black, nous possédons un passé lourd d'émotion et de souffrance.

Il est donc primordial aujourd'hui de continuer une lutte commencée depuis des siècles et d'améliorer notre destin afin d'ancrer notre avenir..."

Propos recueillis par Camille Vieux Fort - AMINA